Nanako san, notre chouchoute

On a tellement bien aime qu’on est venue chez elle 2 fois :
du 20 aout au 5 septembre 2010
et du 18 au 21 septembre 2010

Nanako san, c’est un peu l’originalite facon japonaise.
Deja, quand on cherchait notre ferme suivante, alors qu’on etait encore chez Hiroshi (aheum), on avait quand meme une bonne idee de ce qu’on voulait eviter… Mais quand on est tombe sur son annonce, avec une photo  toute mignonne d’elle qui faisait un calin a une vache, on a voulu en savoir un peu plus sur cette dame, cinquantenaire au sourire epanoui. Et puis, quand on a lu dans son descriptif que son reve etait de construire un musee de la nature, en plein air, on a ete seduit.

Nanako san !!!

Le jour de notre arrivee a la gare de Maze, on est tout de meme un peu decus… en effet, notre train amenait un autre wwoofer…
C’est vrai, on a ete decus de ne pas etre seulement tous les 2 avec notre hote. Alors oui, on a ete habitue a ca plus ou moins dans les precedentes fermes. Alors quand, dans la voiture on s’apercoit que le jeune New-yorkais, Johnny,  parle japonais, et mieux que nous, on a encore plus les boules. Et on apprend ainsi que en fait on est loin d’etre tous les 2… puisqu’il y a encore 3 autres wwoofer deja sur place ! Une vrai colonie de vacances en fait !
Et on croyait pas si bien dire puisque dans la maison de Nanako il y a une chambre de filles et une chambre de garcons !    

Neanmoins, la 1ere journee est detendue : Nanako san nous emmene tous a une fabrique de Sake. Avec degustation s’il vous plait ! Bon, moi qui ne court pas apres, je goute tout de meme un peu. Mais du Umeshu est egalement disponible… mmm…
On visite ensuite une maison en construction. Comme ca. Je veux dire, on passe dans la rue, Nanako entame la discussion avec l’architecte, et puis hop il nous fait la visite guidee de son oeuvre. Pendant plus d’1 heure ! C’est une maison plus que chouette a laquelle il ne manquerait qu’un plus grand jardin. Et la on s’apercoit de la bestiole qu’on va cotoyer quelques jours : Toshikazu. C’est un gars quarantenaire, de mere allemande et pere japonais, qui a vecu en France quand il etait petit, et qui vit avec son amie italienne, Teresa. De fait, il parle allemand, japonais, francais, anglais bien sur, italien, mais aussi espagnol. Et le gars a parle avec tout le monde, dans la langue appropriee, sans coupure et sans erreur. Il parle anglais a Johnny, italien a Teresa, japonais a Nanako san et l’archi, et francais a nous ! C’est assez epatant.

1er jour avec Toshikazu, Teresa, Takao san et Johnny

Moi j’ai bien sympathise avec Teresa qui parle tres bien francais aussi. Elle a vecu en France 1 an je crois. On a franchement bien rigole ensemble, c’est une fille simple et souriante. Tous les 2 sont architectes.
Bon, apres il y avait Takao san, un tokyoite, venu apprendre le metier de fermier dans le cadre des wwoof. Dans son style, c’est aussi une bestiole. Le gars est cuisinier de formation mais son reve est de devenir fermier et de faire table d’hote a l’occasion. Un jour, il y a quelques annees, il a decide d’apprendre a cuisiner italien. Il a pris son visa, pris le 1er avion, et il est reste 2 ans, illegal sur le territoire, a travailler au noir dans les resto qui l’acceptaient. Resultat, il a appris la cuisine italienne, et il a appris l’italien. Et… le jour ou il a voulu rentrer, il a pris son billet et s’est rendu a l’aeroport. La, les douaniers l’ont chope. « He m’sieur, votre visa est expire depuis 2 ans ! » -« oui, mais la, vous voyez, je rentre ». Et il a retrouve son Japon natal.
Il y avait donc aussi Johnny, la vingtaine, etudiant en anthropologie, dont le pere est descendant d’une famille japonaise emigree aux USA il y a 3 generations. Il a decide d’apprendre le japonais a la fac, ne l’ayant pas appris par son pere. Lui ca va etre notre super copain du bout du monde. Il va parfois nous corriger (a notre demande) quand on fait des fautes en anglais. Et dans le tas il y en a une mythique… Quand par exemple Philippe disait « imagAIne » au lieu de « imagIne »… Johnny le reprenait. Ce a quoi Philippe repondait  » oui mais je prefere le prononcer a l’americaine ! » Bon ca le faisait bien marrer tout de meme… On a bien aime le taquiner aussi comme quand on pretendait que Brooklyn etait dans la banlieue de New-York. Ca l’agacait bien un peu mais il s’est vite apercu que c’etait devenu notre petit jeu.

On s’est donc tous mis au boulot le lendemain matin. Un peu d’apprehension apres que Toskikazu et Teresa nous aient raconte que le travail etait penible et que leur dos les faisait souffrir. Et voila comment on est arrive devant ce qui ressemblait a premiere vue a un igloo en glaise suspendu dans les arbres. Alors qu’on soit archi, medecin, cuisto ou conducteur de travaux, on a tous ete mis a la meme enseigne : etaler le torchis sur les murs pour les rendre plus droits et boucher les trous. Ensuite, le boulot s’est un peu affine : les filles sont restes au torchis, et les gars se sont lances dans l’operation « protection contre la pluie » et agrandissement de la terrasse.

Torchis a la vitesse de la lumiere

Rapidement, on n’a plus ete que 4 avec le depart des italiens. Et je me suis prise au jeu du torchis. Sa fabrication en utilisant la glaise, de l’eau et de la paille m’a bien plu aussi.

Preparation du torchis

Agrandissement de la terrasse

Et quand on a ete a court, on est parti en mission dans les montagnes de Maze pour piquer prelever de la glaise. Et c’est la qu’on a fait 2 rencontres importantes : les sangsues qui ce jour la n’ont attaque que Nanako san et Takao san (si bon que ca le sang japonais ?), mais, surtout, on a fait connaissance de Rocky san et sa femme, Ikumi san.
C’est un couple qui gere le centre de loisir et de peche de Maze. Rocky parle un tres bon francais et on s’apercoit vite qu’il a une ame un peu revolutionnaire. On sympathise bien et il parle de nous faire faire une sortie en canyoning un jour. Entre temps on retournera le voir pour apprendre a grimper aux arbres a la facon japonaise. Grande aventure !


La grimpette !

Puis avec tous les autres eleves du jour, on s’est fait un toboggan a Somen… Eh oui, encore un ! Piqure de rappel, ici


Somen party au Japon

La maison-igloo va nous occuper 15 jours pendant lesquels elle gagnera 1 metre de terrase de chaque cote, un mur tout joliment arrondi, une volee d’escaliers la ou la pente etait un peu dangereuse, et puis un garde-corps.

la maison dans les arbres

Maison dans les arbres, perspective

Les journees se ressemblaient toutes beaucoup mais le programme nous convenait bien. Le matin, on se mettait au boulot vers 8h30 apres le petit dej chez les parents de Nanako san. Ils habitent une grande maison sur 2 niveaux de bien 120 metres carres et on y prenait tous nos repas et tres souvent la douche. Mais surtout on y faisait la sieste. Apres le dejeuner qu’on prenait vers midi, on avait une grande pause jusqu’a 16h a cause de la chaleur. Souvent la sieste au debut puis lecon de japonais ou lecture. Pour Takao san (la bestiole) c’etait bouquin sur la faune, la flore, les cultures. Mais souvent sieste quand meme.
Ensuite, on reprenait le boulot jusqu’a 17-18h. Puis on preparait le diner. C’etait tres detendu. Dans le salon tronait la television quasiment tout le temps allumee avec le pere de Nanako san devant. Il y avait aussi le fauteuil  massant qui est une merveille.

La table japonaise chez Nanako, c’est a la mode traditionnelle. C’est une piece au sol en tatamis, surelevee ou tronent cette table de 30-40 cm de haut et les coussins de sol.

Takao san a table

Au debut c’est un peu rude et puis on s’habitue a manger comme ca, assis par terre. Alors il y a des regles… les gars s’assoient en tailleur et les filles avec les jambes sur un cote. Et je peux vous dire qu’on ne reste pas tout le repas dans la meme position…
Et, on s’est mis a la tache aussi ! Pour le feu d’artifice du village, on a prepare 2 enormes quiches avec Philippe. Et elles ont eu un super succes. Tout le monde se regardait avec un regard entendu en murmurant « furansugo Ryori » (« repas francais »).

Philippe et sa quiche

Preparation des sushi

Pour ce jour la on a aussi aide a la fabrication des Sushis a la mode familiale : un grand plat de riz melange a du poisson et des legumes, et du vinaigre japonais. On enroule ensuite des boulettes dans des feuilles d’algue sechee (nori). Bon, je sais, c’est etonnant, nous on appellerait plutot ca des Maki… mais pour les japonais, ce sont des Sushis. Et ce que Nous, on appelle des Sushis, eux les nomment O Nigiri Sushi… La, on ne discute pas avec l’autorite en la matiere…

Bon, on a eu d’autres aventures chez Nanako san… deja, on a assiste, en 1ere mondiale, pour nous deux en tous les cas, a la naissance d’un petit veau. Ca c’etait bien chouette. Et depuis le jour ou on a su que la vache etait grosse, on l’a surveillee comme l’huile sur le feu, on allait la voir des l’arrivee chez les parents de Nanako san et on verifiait juste avant d’en partir le soir. Et puis, un jour, il y a eu 2 pattes. Deux extremites de pattes, qui sortaient. La vache avait des attitudes et des sons presques humains, c’etait vraiment tres etonnant. Et a la fin, BOUM, chute de 1m50 de hauteur pour le nouveau-ne. On etait bien emus.
Et ensuite, comme ca, un jour, une naissance surprise. Une vache qui avait fugue et est revenue toute maigre a mis bas avec 2 semaines d’avance. Nanako nous a appele en catastrophe pour sauver le petit tombe au milieu du troupeau dans l’etable. Philippe l’a chope et mis a l’abris a l’exterieur pendant que Nanako avait du mal a retenir la mere qui regardait Philippe d’un mauvais oeil pendant qu’il emmenait le veau. Une bonne pousse d’adrenaline.

Le petit veau sauve par Philippe

C’est a peu pres apres ca qu’on a change de boulot. On s’est mis au travail du riz, essentiellement desherbage, tandis que Philippe a desherbe a plus grande echelle avec la tondeuse telescopique.

Ouais on a perdu quelques neurones, et alors…

la paille c'est bien

On a eu de nouveaux compagnons de ferme : Rom un israelien de 20 ans et Tsuki une taiwanaise du meme age, cul-cul la praline comme on n’en fait plus qu’en Chine. Alors bien sur elle m’adorait.

Le dernier soir chez Nanako san on est alle a un festival de danse. Alors la on ne s’attendait pas a ca ! Nanako et Ikumi san nous ont habille en Kimono et puis on est arrive dans une autre planete. Les rues emplies de japonais en habits traditionnels, dansant tous sur le meme pas pendant toute la nuit. Nanako et Ikumi san etaient a fond.

La chenille version japonaise

y a du monde hein ?

Vous voyez, suis a moitie japonaise maintenant

Rocky et Ikumi san

En regle generale, Nanako san est une femme hyper dynamique et tres souriante. Elle est vive d’esprit et a un humour decapant. Qu’est-ce qu’on a pu rigoler ensemble ! J’avais comme l’impression qu’on s’est toujours connues. Et puis c’etait le dernier soir chez elle… un petit pincement au coeur.

Et ensuite… apres le passage chez Rocky et Ikumi san, on est revenu 3 jours. Ca nous a permis de boucler la maison-igloo dans les arbres : le torchis et l’impermeabilisation. Cette fois-ci on a fait la connaissance d’Hiroshi san, un japonais vivant a proximite et profitant de ses week-end pour prendre le bon air a la campagne, en faisant un peu de wwoof. Il parle francais apres plusieurs sejours en France. Il est calme, souriant, extremement poli et adorable. Alors, on l’adore !

Notre super copain Hiroshi san

Et puis ce fut le grand depart pour Tokyo.

L'equipe a la fin de notre 2eme sejour

La reine de l'enduit, c'est qui ?

Sortie nature avec la famille de Nanako san

Qui se cache sous le chapeau chinois ?

toboggan a Somen

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